Si l on sait exactement ce qu'on va faire a quoi bon le faire ? Pablo Picasso
Peinture informelle, d’impression, d'expression....? J'avais 18 ans, quand j'ai dit: "c'est cela que je vais faire!" A l'époque, j'avais sous les yeux la magnificence des couleurs pour la soie, qui me faisaient vibrer comme lorsque j'étais devant les féeries de la lumière, et les vitraux d'une église, où lorsque je trouvais le livre me dévoilant les oeuvres d 'une école de peinture sur verre. Les pas innombrables qui m'ont fait visiter tous les recoins du vieil Angers, appréhender le moussu et le griffu du tuffeau, son odeur de terre. Les pavés qui ont entendu d'autres sons que ceux de nos voitures. La végétation qui toujours pousse sur la vieille pierre et les innombrables insectes qui y habitent. Les tessons de bouteilles colorés, trace intacte de notre barbarie toute droite issue de nos livres d'écoliers et qui protègent des intrus des jardins gourmands et entretenus avec soin. Les répétitions inédites d'un organiste venant livrer son chapelet de notes à la formidable puissance d'accueil de la cathédrale, vide. La lumière qui descend, qui ruisselle, rigole, rebondit, ou pleure. Tout se dépose en impressions, en strates fugaces pour marquer le temps de rencontre avec soi. Impressions, perception, passé, historique, vivant, vibrant, rencontre...Très concernée par le passé, j'entendais par delà le présent la respiration des anciens, et je me sentais bien dans leur oeuvre Il y avait aussi le chant des oiseaux, des pinçons, des moineaux, des rouge-gorge, le merle, qui la nuit, cédait sa place au rossignol. Nous avions aussi ces colonies bavardes de corbeaux qui envahissent ponctuellement certains de nos lieux. Puis les pigeons ramiers, de ligne si pure et de gris si doux, qu'on aurait voulu les prendre en coupe dans nos mains et y déposer la courbe de la joue. Il y avait souvent les rencontres, celle d'avec cet "ami", cet autre, celui ou celle qui vous donnait le sourire. Et qui vous laissait marquer de ses multiples points de chaleur et de réception. Ces rencontres, même fugaces, faisaient lever la tête et prendre connaissance avec l'autre mais aussi avec ce soi, inconnu à cet instant précis, cette rencontre qui rend tout d'un coup vivant. La magie opère, la communication s'établit entre deux êtres. Bien sûr, elle n'est pas toujours belle mais elle a l'avantage de rendre vivant, et donc de décider de ce pourquoi on vit, de ce pourquoi on est là. Nos couleurs changent. Nous sommes pris à témoin, interrogés. L'empreinte de la rencontre se pose sur le paysage du temps. La verticalité offre ses oreilles et ses yeux à l'horizontalité qui lui offre son sourire. Le soleil vient à s'y lover. Il y avait aussi l'eau qui coule, brune, verte, de bleus profonds, réfléchissant le ciel et les lumières de la ville, réceptacle d'une autre vie aux multiples facettes, parfums, parfois puant et reflet de lune glauque. L'eau filait vers un là-bas suggéré. Fleuve, estuaire, océan, paysages lointains, l'eau filait vers des voyages inconnus, aux espaces infinis et rendus fou de l'ivresse de vivre sauvage et libre. Chaque toile est une finalité de moments-empreintes qui se superposent, s'imbriquent, s'induisent les unes les autres, se respectent ou se taisent, tournent, se brassent, où, jusqu'au moment de la rencontre, rien n'est encore vivant. La vie de l'un, c'est le sourire de l'autre qui la révèle. Bien sûr, parfois, le temps simple est suffisant pour s'exprimer, parce que ce qu'il y a à dire est simple. Mais d'autres fois, il y a tant de poésie diffuse qui révèle le passager du temps, tant de choses à dire sur lui. Il se peut que ce soit ce passager qui me dise qui il est et, alors, c'est tout simple. Peut-être est-ce le ciel changeant de l'Anjou et de mon enfance, malgré mes racines lointaines ou peut-être grâce à elles, qui m'a toujours maintenu éveillée et émerveillée, sur le plaisir de se découvrir vivant. Et peut-être est-ce tout cela que je retrouve dans le silence et la paix de mon atelier, où l'essence de térébenthine affole et ravit mes sens comme une promesse toujours attendue. Léonie Sommer Docet
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